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Défi Hackathon: trente-six heures pour pondre un logiciel

Une nuit sans dormir et des lignes de codes à n'en plus finir. C'est dans ces conditions que 50 programmeurs ont relevé le premier Défi Hackathon de Shawinigan.

Ils sont venus d'un peu partout dans la province afin de participer à ce type d'événement, plus fréquent dans les régions de Montréal et de Québec. Le but: résoudre un problème auquel une entreprise pourrait faire face en créant un programme, et ce, en l'espace de 36 heures. Sommeil facultatif. Le terme marathon est donc plus qu'approprié pour la quinzaine d'équipes qui l'ont relevé.

« C'est un concept qui est intense. Les gens ont 36 heures pour résoudre un problème. Certains arrivent en équipe alors que d'autres ne se connaissaient pas avant d'arriver », explique l'organisateur de l'événement, Alexis Huard.

L'équipe gagnante de cette compétition a mérité une bourse de 5000 $ grâce à l'application qu'elle a créée pour téléphone intelligent et tablette appelée Discount Shopper. En 36 heures, Jérémie Poisson, Ian Thibodeau, Olivier Boucher et Simon Lacoursière ont réussi a créer un logiciel permettant de regrouper les meilleures aubaines dans les différents supermarchés de la région, et ainsi créer la liste d'épicerie qui s'avérera la moins coûteuse pour le client.

Un premier prix qui pourrait déboucher sur plus, puisqu'il est fréquent que des applications conçues lors de ces hackathons se retrouvent sur le marché. C'est sans compter que le programme, une fois complètement accouché, pourra être inséré dans le portfolio de ses créateurs afin de se dénicher un emploi. D'ailleurs, une bonne proportion des participants du hackathon étaient des étudiants.

La créativité à la vitesse Grand V

Pour ces programmeurs, les hackathons sont avant tout une façon de se regrouper et d'unir la créativité de chacun. C'est de cette manière que la compagnie Facebook a trouvé certaines de ses idées les plus connues telles que l'outil de discussion ou encore le bouton « J'aime ». Sans vouloir généraliser, plusieurs programmeurs, majoritairement des jeunes, ont comme point commun de ne pas lâcher l'ordinateur lorsqu'ils ont un élan de créativité, quitte à ne pas compter les heures au bureau. Aussi bien en profiter, se disent maintenant certaines entreprises.

« Les gens considèrent notre travail comme rationnel, mais c'est aussi extrêmement créatif, un peu comme un écrivain. Du code, c'est des lignes de texte. Ces gens ont envie de vivre l'énergie du moment, la créativité qui s'y retrouve. Quand tu lèves la tête et tu vois 50 personnes coder, automatiquement, tu te sens interpellé par cet engouement », dit M. Huard, qui, comme plusieurs participants, n'a pas dormi dans la nuit de samedi à dimanche. 

Pour les autres, plusieurs ont été aperçus en train de piquer une sieste sur leur clavier ou encore un coin de sofa, avant de retourner au boulot. On pourrait décrire l'ambiance qui règne lors de ces événements comme un joyeux mélange entre une fête et une situation de crise.

« Ça nous permet de nous regrouper et mettre nos efforts en commun. On boit du café, on boit du Red Bull, on prend une petite bière et on vit un sentiment de groupe, même si tout le monde ne travaille pas sur le même projet. Je pense que ça abat le stéréotype du programmeur qui est un rat de laboratoire et qui ne sort pas de son sous-sol. C'est très social et axé sur la coopération. »

Une deuxième édition assurée

La présidente de l'entreprise SIM, Chantal Trépanier, qui a participé à l'élaboration de l'événement, était catégorique, il y aura une deuxième édition de ce hackathon. 

« C'est sûr qu'il va y en avoir un deuxième, dit-elle. Ce genre d'événement est destiné à alimenter l'écosystème technologies de l'information (TI) en Mauricie. Les gens nous ont dit qu'ils ne savaient pas qu'à Shawinigan il y a des entreprises de ce type. »

Elle n'y voyait que du positif pour le développement de Shawinigan, qui tente d'intégrer le monde des technologies de l'information après tant de décennies à s'appuyer sur la grande industrie.

« On croit que c'est important de contribuer à la création d'un écosystème TI en Mauricie. Il y avait des gens qui étaient des étudiants finissants qui seront des futurs programmeurs et qu'on peut intéresser à venir s'installer ici, mais aussi des gens de la Mauricie qui étudient ailleurs et qu'on pourrait convaincre de revenir », conclut-elle.

Source: Le Nouvelliste

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