L’homme qui a redonné vie au Village du Bûcheron
Il suffit de passer quelques minutes avec Baptiste Prud’homme pour comprendre que le Village du Bûcheron, à Grandes-Piles, n’est pas simplement un musée. C’est un lieu qu’il habite, qu’il raconte et qu’il fait revivre chaque jour avec une énergie qui semble inépuisable.
Cette année marque un jalon important : cela fait maintenant dix ans qu’il est à la barre de ce site emblématique de l’histoire forestière de la Mauricie. Dix années pendant lesquelles il a porté plusieurs chapeaux, gestionnaire, guide, animateur, recherchiste, restaurateur et même chanteur, avec une seule ambition : faire en sorte que les visiteurs repartent en ayant vécu bien plus qu’une visite de musée.
Une occasion qui ressemblait à un pari
Lorsque Baptiste Prud’homme accepte de prendre les commandes du Village du Bûcheron en 2016, le contexte est loin d’être idéal. Le musée, fondé en 1978, traverse une période difficile. Les bâtiments ont besoin d’amour, les infrastructures vieillissent et la municipalité de Grandes-Piles, alors propriétaire des lieux, envisage de tourner la page. « C’était un peu la dernière chance », raconte-t-il.
Avant même de penser aux nouvelles expositions ou aux animations, il faut d’abord remettre le site sur pied. Les premiers travaux concernent les éléments les plus essentiels : des blocs sanitaires adaptés aux groupes qui arrivent en autocar, des bâtiments rénovés, une cuisine modernisée et des espaces plus accueillants. Ce sont des améliorations importantes, même si parfois invisibles pour le visiteur, mais indispensables pour permettre au Village du Bûcheron de repartir sur des bases solides.

Rien n’était écrit d’avance
Ce qui surprend le plus lorsqu’on écoute Baptiste raconter son parcours, c’est qu’il ne venait pas du milieu muséal. Connu dans la région pour son expérience en animation et en musique, il possède déjà une aisance naturelle devant le public. Mais raconter l’histoire des bûcherons, interpréter des objets patrimoniaux ou concevoir une expérience muséale, c’est un tout autre univers.
Alors il apprend et il lit, beaucoup.
Il consulte des ouvrages spécialisés, vérifie les faits, multiplie les recherches et construit peu à peu ses connaissances. Son objectif est simple : raconter l’histoire avec justesse, sans jamais la dénaturer. Cette curiosité devient rapidement l’une des signatures du Village du Bûcheron.


Faire vivre l’histoire plutôt que la raconter

Aujourd’hui encore, les visiteurs se souviennent rarement d’une date précise ou d’un objet exposé. Ils se souviennent surtout de Baptiste. Ils se rappellent les anecdotes racontées avec humour, les chansons traditionnelles qui ponctuent la visite, les échanges spontanés et cette impression d’avoir rencontré quelqu’un qui vit réellement sa passion.
« Ce que j’aime, c’est le contact avec les gens. » Cette proximité transforme complètement l’expérience. Au Village du Bûcheron, l’histoire ne se lit pas seulement sur des panneaux : elle se chante, se raconte et s’incarne.
Chaque panneau cache des heures de recherche
Les premières années, Baptiste réalise rapidement que les groupes organisés disposent souvent de peu de temps. Il adapte donc son animation afin de respecter les horaires serrés des autocars tout en conservant ce qui fait la richesse de la visite.
Pour compléter son interprétation, il entreprend un travail colossal : rédiger lui-même l’ensemble des panneaux explicatifs du musée. Chaque texte demande des recherches, des validations et un important travail de vulgarisation. « Personne ne m’avait montré comment faire. J’ai appris sur le tas. »
Derrière chaque panneau se cachent ainsi des centaines d’heures consacrées à mieux comprendre et transmettre l’histoire des travailleurs forestiers qui ont façonné la Mauricie.
Traverser la tempête
En 2019, Baptiste franchit une nouvelle étape lorsque la municipalité lui propose d’acquérir le Village du Bûcheron. Quelques mois plus tard, la pandémie vient bouleverser tous les plans. La fréquentation passe brutalement d’environ 5 000 visiteurs à quelques centaines seulement. Pour plusieurs entreprises touristiques, cette période est synonyme d’arrêt.
Pour Baptiste, elle devient plutôt une occasion d’améliorer le site. La terrasse est réaménagée, les cuisines sont modernisées et plusieurs bâtiments continuent d’être entretenus. La salle de réception est transformée en restaurant au plaisir de la clientèle locale qui ne peut plus voyager en temps de pandémie. L’expérience de la restauration qui a durée 5 années s’est avérée enrichissante au niveau humain, cependant très peu rentable et même souvent déficitaire. Aujourd’hui l’espace est dédié seulement aux réceptions de groupes, beaucoup plus facile à gérer et à rentabiliser. La Cookerie demeure un endroit très apprécié pour y célébrer des événements; mariages, fêtes de familles, party de bureau …

Un musée qui continue d’évoluer
Si le Village du Bûcheron rend hommage aux traditions, il continue aussi de raconter l’évolution du métier.
Parmi les projets qui rendent Baptiste particulièrement fier figure la création de nouvelles salles consacrées à la mécanisation des travaux forestiers.
Grâce à la générosité de collectionneurs passionnés, dont Angelo Trépanier pour les tronçonneuses anciennes et Michel Béland pour les motoneiges, cette exposition permet aujourd’hui aux visiteurs de mieux comprendre comment le travail en forêt s’est transformé au fil des décennies. Le musée continue ainsi d’évoluer sans perdre son âme.
Regarder vers l’avenir
Le musée accueille maintenant plus de 7 000 visiteurs chaque année.
Les touristes européens sont nombreux à découvrir ce coin de Mauricie, mais Baptiste nourrit un souhait bien précis : voir davantage de Québécois franchir les portes du Village du Bûcheron. Son objectif est d’atteindre un jour les 10 000 visiteurs annuels afin d’assurer la prospérité de cette institution unique.
Pour y parvenir, il continue de miser sur ce qui fait la réputation du lieu : des visites animées, des rencontres humaines et une histoire racontée avec authenticité.



Dix ans plus tard…
En dix ans, Baptiste Prud’homme n’a pas seulement rénové des bâtiments ou créé de nouvelles expositions.
Il a redonné une voix à un patrimoine qui risquait peu à peu de s’effacer.
Il a transformé un musée en un lieu vivant où les visiteurs découvrent non seulement le quotidien des bûcherons et des draveurs, mais aussi l’immense contribution de ces hommes et de ces femmes au développement de la Mauricie.
À quelques minutes de Shawinigan, le Village du Bûcheron est aujourd’hui bien plus qu’une halte patrimoniale. C’est une rencontre avec une époque, un territoire… et avec un passionné qui, depuis dix ans, fait revivre cette histoire comme si elle s’était déroulée hier.
Cet article fait l’objet d’une entente promotionnelle avec Le Village du bûcheron.